jeudi 3 juillet 2008

Sur la route du travail

Les matins c’est un chauffeur qui nous conduit au travail. Pas un chauffeur à casquette noire et gants blancs non, pas de limousine personnelle non plus … bien souvent on est 5 dans une voiture qui ne paye pas vraiment de mine.

Depuis mon appartement, pour rallier le chantier il faut passer par le centre ville. Le trajet est assez sympathique : Un des deux axes principaux est actuellement en chantier, le plus rapide et éviter ainsi dans la limite du possible les embouteillages c’est de prendre les petites rues.

7h45 c’est parti, notre voiture se joint au flot d’automobiles, de scooters, de tricycles et de vélos. Les rues empruntées sont bordées d’arbres. La plupart des boutiques sont encore fermées mais la rue elle, est déjà bien vivante : A certains endroits les marchants de fruit sont en place, venus en gros tricycles a moteur leurs remorques sont pleines de pastèques. Les pêches, abricots, cerises et autres fruits sont disposés délicatement dans des panières sur le sol. Les marchants rêvassent, ou discutent entre eux. A côté, un parasol, une glacière et un brûleur et voilà une petite échoppe. La fumée qui s’en dégage baigne légèrement la rue. On y prépare le premier repas de la journée, des chinois prennent leur petit déjeuner sur le trottoir, assis sur des tabourets autours de petites tables. Partout autour on s’active, une jeune fille marche déjà sous son ombrelle pour se protéger du soleil, un jeune couple s’installe sur leur vélo, lui en selle, elle en amazone sur le porte bagage.

Intersection, on ralentit. La politesse au volant ici n’existe pas, si tu te montres aimable ce n’est pas une voiture que tu laisses passer mais la moitié de la ville ; il faut donc rien lâcher.

On repart, on dépasse une file de limousines noires arrêtées sur le coté, la ruelle derrière à gauche est enjambée par une grosse arche gonflable rouge, jaune, verte et bleue. Pas de doutes c’est un mariage, les feux d’artifices et pétards éclatent dix secondes après notre passage, on n’a pas aperçu la mariée. Le centre se rapproche, les piétons sont plus nombreux, les arbres eux disparaissent.

Pas plus d’amabilité avec les passants qu’avec les automobilistes, bien souvent ils se retrouvent isolés en pleine chaussée au milieu des flots de voitures qui se croisent. Les boutiques sont là un peu plus grosses et commencent à ouvrir. Devant celle ci, les vendeuses habillées en uniforme sont alignées en 4 rangées, et s’adonnent à leur exercice matinal, exercice qui se situe entre la danse, et l’aérobic.

On tourne à droite, on suit de loin un camion citerne qui, pour nettoyer la rue, asperge d’eau, la chaussée, une partie du trottoir, et les pieds des piétons. Rires pour certains, jurons - sans doute - pour d’autres, ils regardent le camion indélicat s’éloigner en aspergeant d’autres passants.

Le centre ville est passé, la vitesse augmente. La conduite ici, c’est le far ouest. La seule règle qui semble prévaloir est la suivante : Si tu donnes le temps aux autres conducteurs de réagir, tout t’est permis : Queues de poisson, feux rouges, trafic à contre sens …

Les changements de files sont incessants, il n’y a à vrai dire plus réellement de files. Les avertisseurs sonores sont utilisés fréquemment, on avertit le tricycle qui avance au ralenti sur la file de gauche, on avertit la voiture qui s’engage sur la voie sans prendre garde, on avertit la voiture de police qu’on va la dépasser par la droite ... On longe la zone portuaire poussiéreuse, et les nombreux bâtiments en construction qui lui font face. On passe le pont qui donne accès à la presqu’île, encore un bon kilomètre et l’on arrive au chantier. Avant d’atteindre ses portes, c’est le même spectacle de marchants, de petites échoppes ambulantes et de fumée, on rentre sur le parking. Je lance un « Xiè xie » au chauffeur, le travail peut commencer.

3 commentaires:

Unknown a dit…

et bien !! quelle belle description !
comme çà, on ressent l'atmosphère, et on se sentirait presque à ta place !!
c'est vraiment très intéressant !
ainsi donc, on avertit la voiture de police qu'on va la doubler par la droite ? et elle ne dit rien ?
enfin, je suppose qu'à Yantaï comme partout ailleurs en Chine ou en Inde, il n'existe au final pas de permis de conduire et que du coup si la police voulait mettre de l'ordre dans la circulation automobile, elle serait littéralement submergée !!!
mais... à propos de permis de conduire... enfin, de sécurité au volant... je suppose que tu as eu le temps de réviser les prières que tu avais apprise au cathé, parce que tous les matins, tu ne dois pas te sentir très rassuré, non ?!
bises
Hélène

Unknown a dit…

et bien !! quelle belle description !
comme çà, on ressent l'atmosphère, et on se sentirait presque à ta place !!
c'est vraiment très intéressant !
ainsi donc, on avertit la voiture de police qu'on va la doubler par la droite ? et elle ne dit rien ?
enfin, je suppose qu'à Yantaï comme partout ailleurs en Chine ou en Inde, il n'existe au final pas de permis de conduire et que du coup si la police voulait mettre de l'ordre dans la circulation automobile, elle serait littéralement submergée !!!
mais... à propos de permis de conduire... enfin, de sécurité au volant... je suppose que tu as eu le temps de réviser les prières que tu avais apprise au cathé, parce que tous les matins, tu ne dois pas te sentir très rassuré, non ?!
bises
Hélène

Anonyme a dit…

C'est vrai ce que dit Hélène, on entend presque les bruits.
Et que signifie ce que tu dis au chauffeur ? Merci ? Bonne journée ?
Baisers
Mum